Notre patron

Hristo Botev  

   La personnalité de Hristo Botev est si noble et majestueuse et en même temps si sympathique et ravissante, son activité – si pure et forte, son influence si énorme que plus on examine ses traits, plus on se pénètre de plus en plus fort et sans réserve de respect et d’amour pour lui. Tout ce qui fait l’homme grand et ravissant, s’unit en lui : un esprit génial, un caractère noble, une forte volonté, une âme ardente et tendre à la fois, un cœur ouvert pour tout ce qui est magnifique dans le monde, des passions fortes mais pures, une vie pleine de combats et d’activités.

   Sa vie courte mais remplie de dramatisme et d’effort commence le 6 janvier 1848 dans une époque d’esclave mais héroïque, dans l’ombre des sommets du Balkan, à Kalofer, la ville qui fait naître dans l’âme du poète un amour passionnant qui périt tôt et une haine profonde qui – selon lui – l’accompagnera jusqu’à sa tombe ; c’est là où il connaîtra l’hobereau et le pauvre, le Turc et le peuple. Et plus tard – cette soif inépuisable d’avaler l’air, les angoisses, les idées de la Russie révolutionnaire des années 60 où il va étudier, cette haine brûlante qui l’accompane pendant son émigration en Roumanie en 1867-1876 où il lutte, en journaliste et poète, leader révolutionnaire et patriote, contre les ennemis de la liberté et de la justice ; cet amour profond pour le peuple qui le conduit en mai 1876 au Balkan de Vratza et qui éclaire d’une vive lumière son exploit immortel. Au plus fort du combat révolutionnaire, dans sa lettre adressée à T.Peev, il déclare : « Je ne suis pas capable de frapper aux portes et de chanter des chansons de mendiant de manière patriotique. Que les autres le fassent. Moi, je ferai de mes mains des marteaux, de ma peau une grosse caisse et de ma tête une bombe. Et c’est alors que je lutterai contre les éléments déchaînés» /le 12 novembre 1876/. Du bord du bateau «Radetzki» Botev adresse une lettre au Comité central révolutionnaire, siégeant à Bucarest : Je suis gai et ma joie n’a pas de limites en pensant que «ma prière» se réalise. /17.V.1876/ Quelle force se cache dans ces mots d’adieu du révolutionnaire qui va à la rencontre d’un combat mortel pour réaliser ses rêves, ses idées, sa poésie! Botev périt percé d’une balle turque dans ce même Balkan qu’il a chanté et où il a laissé ses os.

                                                          /Hristo Botev – œuvres choisies, t.II/